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dimanche 24 juillet 2011

La finale (Mahdia 5)

Tout le monde a un peu de mal à émerger ce matin. Il faut dire qu'écrire une constitution en trois jours n'est pas des plus reposant même si cela se passe tout près d'une immense piscine multi-bassins et à deux pas de la plage... Hédi, un jeune trentenaire franco-tunisien nous a rejoint la veille. De père tunisien et de mère française, né et ayant grandi en France, il n'avait pas mis les pieds sur le territoire tunisien depuis 10 ans. "Trop anxiogène" m'avait-il dit au téléphone. Mais après la révolution, il a voulu retourner au pays, sur les traces de sa famille paternelle. Il est décidé à participer activement à la mise en place de la nouvelle démocratie tunisienne. C'est pourquoi il fera partie du débat de cette journée malgré ce qu'il considère comme un handicap : il ne parle pas l'arabe. Pourtant d'après la loi tunisienne, la nationalité tunisienne lui est automatiquement léguée par son père. Cette situation particulière (mais qui doit sûrement toucher beaucoup d'enfants de la diaspora) permettra au cours de la journée d'alimenter le débat concernant la citoyenneté tunisienne. Et de redéfinir la question récurrente : Que signifie être tunisien? Mais aussi : Quel rôle peut jouer la diaspora dans l'élaboration de la constitution tunisienne? Quelle est la place de l'émigré tunisien mais aussi de l'immigré, celui qui décide de faire sa vie en Tunisie sans avoir aucune racine tunisienne? Ces questions font également partie de la mise en place de la constitution et susciteront des débats passionnés.

La grande salle :
Durant ces deux jours, une séance plénière concernant le rôle de la société civile s'est tenue dans la grande salle de conférence. J'y suis allée régulièrement car c'était le seul endroit avec un accès wifi qui me permettait de mettre à jour mon blog. Lorsque certains parlaient en français durant les débats, j'en saisissais certains enjeux. J'ai remarqué la méfiance envers tout parti politique, quel qu'il soit, revenir régulièrement durant les discussions. Comme si la mascarade politique mise en place par Ben Ali avait définitivement décrédibilisé la notion même de parti, associée à celle de corruption. Pourtant nous sommes de plain-pied dans la politique au sens noble et premier du terme, lorsque les associations regroupées autour du "manifeste du 20 mars" décident de redonner la parole au peuple pour mettre en place une constitution.

En ce dimanche 23 juillet, nous sommes à nouveau réunis tous ensemble dans la grande salle. Le but de cette dernière journée est d'une part de présenter le résultat du travail de chaque atelier, d'autre part d'en débattre et de voter pour la mise en place du texte final. La séance débute : "On a constaté avec les différents ateliers, que le peuple peut écrire sa propre constitution."

"Les associations post et pré-révolution se sont réunies pour instaurer un réseau de citoyenneté pour une constitution. Les objectifs du réseau sont : de promouvoir la culture, la participation citoyenne et les valeurs de citoyenneté (...), de porter les acquis de la révolution (...), d'instaurer des "garde-fous" pour que les institutions (élues ou non) soient contrôlées (...), de promouvoir et garantir tous les droits humains."
Et aussi : "... de vulgariser le texte de la constitution en le traduisant en dialecte tunisien. (...) Il faut faire des formations pour expliquer aux gens les défis de la constitution, les mobiliser sur l'importance de leur participation (...), utiliser tous les médias possibles pour des campagnes de sensibilisation afin de promouvoir ce projet..."


Avant de passer aux textes de conclusion rédigés par chaque atelier, plusieurs remarques sont évoquées :
"Chaque atelier a écrit son propre texte qui peut contenir des opinions en contradiction avec d'autres ateliers. Il reste donc un travail à faire pour coordonner les différents textes.
De plus, il y a eu des choix sur le régime politique ou judiciaire qui étaient différents. Tout cela reste à travailler. (...) Néanmoins, des principes généraux se retrouvent dans chaque atelier : la notion de démocratie et le principe de la liberté."
Chaque rapporteur/euse expose alors le résultat de l'atelier auquel il a participé. Je ne recopierai pas ici les compte-rendus qui sont consultables sur internet. De plus, beaucoup d'exposés ont été très longs et faisaient parfois le détail de chaque article écrit et voté en atelier et chaque notion débattue. Alors que les assises étaient censées se terminer à 12h30, nous étions encore à 13h00 dans la grande salle, sans climatisation celle-ci ayant été coupée, et seuls 4 ateliers sur 9 avaient exposé leur compte-rendu. Les participants les plus endurants et ceux qui à l'inverse de nous n'étaient pas dépendants des véhicules des autres pour rentrer seront restés jusqu'à la fin de la journée.

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